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Le jour le plus long.

Jour de départ.                                                                                                 Aujourd’hui c’est l’embarquement, long comme un jour sans pain, pour les équipages du Mini Fastnet avec un départ fixé à 19h00 locale. Pourquoi une heure si tardive ? C’est la faute à la marée. L’objectif est de sortir de la baie de Douarnenez, de passer Basse Vieille (au large du Cap de la Chèvre) puis, de là, remonter vers la pointe Saint-Mathieu et l’entrée du chenal du Four.  C’est là qu’est l’os ! Dans ce passage étroit entre le continent et les îles de Molène et d’Ouessant, les courants de marée sont puissants et il convient d’y arriver avec la renverse favorable. Ce soir, l’heure de cette renverse a lieu sur le coup de 23h15, la tête de la régate devrait donc buter un peu contre la fin du courant défavorable. De cette façon, il y aura un léger tassement de la flotte, mais surtout une garantie minimale que tous les Minis passeront et ne subiront pas l’effet d’un passage à niveau qui isolerait l’arrière du peloton.                                                                                                                                                                                                                           Débuts musclés.                                                                                                                 A la suite de ce premier passage stratégique, les skippers entameront la traversée de la Manche vers la pointe des Cornouailles. Elle devrait être musclée et rapide avec un vent de 25 à 35 noeuds de secteur SW, accompagnée de la mer du vent, avec une houle de 2 mètres dès le Nord d’Ouessant,  gonflant à 3 mètres aux abords de Wolf Rock que les premiers devraient atteindre en tout début de matinée. Les marins devront ensuite longer plein Nord le DST avant d’attaquer la traversée de la Mer Celtique vers le célèbre rocher.

(Photo Simon Jourdan).

 

Prologue : les trois premiers pour du beurre.

Le prologue n’a aucune influence sur le Classement du Mini Fastnet. C’est une sorte de warm up sans enjeu sportif. C’est l’occasion pour les skippers d’embarquer un membre de la famille, un ami, un photographe ou un sponsor. Une bonne petite sortie entre amis pour effectuer les derniers réglages et faire quelques mises au point pour les équipages aguerris, ou pour tout simplement faire connaissance dans le cas des marins qui effectuent leur première sortie ensemble. Le prologue, c’est un peu vu comme une façon de tuer le temps la veille du vrai départ du lendemain. Bref, ce n’est pas pris comme une véritable régate, mais ça c’est avant !                                                                       Parce que ensuite, quelques minutes avant le lancement du prologue, les choses changent ! Les mâchoires se serrent, les yeux se mettent à briller, les gestes se font plus secs, plus agressifs, les skippers ne se parlent plus que pour lancer des indications, des ordres précis qui rythment des manœuvres bien orchestrées.  Au coup de canon, les Minis s’élancent, les écoutes se tendent, les corps se crispent. Il n’y a plus de copains, ni d’abord, ni bâbord, plus que des « tribords » lancés avec vigueur, accompagnés de regards meurtriers.  Au coup de canon, c’est la régate, c’est la bagarre, et que le meilleur gagne, chacun ayant une vision très personnelle sur le sujet ! Et ça dure comme ça un peu plus d’une heure, jusqu’à la ligne d’arrivée franchie, et pas un mètre avant.                                                               Après la ligne, les mines se détendent immédiatement.  Les premiers sont ravis et le manifestent par des petits sourires en coin; les autres regardent ailleurs, croquent le sandwich déposé dans l’équipet de cockpit un peu plus d’une heure plus tôt au moment du départ, avec un air détaché qui est censé vouloir dire « ce n’était qu’un prologue qui compte pour du beurre ».                                                                                               Dès lors, seuls les trois premiers comptent, les autres n’iront voir le classement qu’en douce, un peu plus tard.                                                             En Série :                                                                                                                                 1. n°905 – « Mini Oiri »- G.Combescure et B.Hantzperg.                                    2. n°913 – « Technique Voile »- G.Kerleveo et F.Duthil.                                       3. n°910 – « Offshoresailing.fr »- T.Dolan et F.Jambou.

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En Proto :                                                                                                                                    1. n°865 – « Griffon.fr »- I.Lipinski et S.Picault.                                                        2. n°719 – « Nick Joyce Ocean Racing »- N.Joyce et N.Boidevezi.                3. n°791 – « Sailchase.com » – J.Bourgeois et M.Damerval.

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(photos Simon Jourdan)

DST : Iles virtuelles

Un dispositif de séparation du trafic (dont le sigle est DST, en anglais traffic separation scheme, TSS) est établi afin de réduire les risques d’abordage dans une région où le trafic maritime est dense dans les deux sens, et dans les zones où se croisent des flux importants de navires (détroits, caps, etc.). En effet les navires tentant d’effectuer leur périple le plus rapidement possible, essayent de réduire la distance à parcourir et coupent donc au plus court. De nombreux abordages ont eu lieu dans des zones de changement de route à forte densité de trafic.

Un dispositif de séparation de trafic comprend généralement deux voies de circulation séparées par une zone de séparation de trafic. Le DST peut être matérialisé par le balisage (bouées ou phares), mais aujourd’hui tenant compte des possibilités de positionnement par satellites, les DST qui visent à éloigner le trafic des côtes sont « virtuels », et définis par les seules positions des sommets des zones de réglementation, et par les règles de navigation dans ces zones. Dans la langue courante on utilise souvent l’expression « rails » soit pour le dispositif lui-même soit pour chacune de ses voies.

La navigation y est fréquemment surveillée par un service radar depuis la terre.

Sur le Mini Fastnet, il y a 5 DST interdits aux coureurs. Cinq îles virtuelles dans lesquelles il ne faut pas pénétrer le moindre bout de quille sous peine de disqualification.  Dans l’ordre du parcours :            – Le rail d’Ouessant, situé dans le NE des îles du même nom.                    – Les trois DST autour des îles Scilly, plus particulièrement celui               situé entre les îles et Lands End.                                                                                – Enfin, celui situé immédiatement au Sud du phare du Fastnet.

Ces DST ne sont pas visibles sur la cartographie du suivi de la course. Pour suivre la compétition dans ces zones particulières, il y a lieu de tenir compte de ces impératifs invisibles.

La belle doyenne.

La plus courue…

C’est la 31ème édition du Mini-Fastnet ! Elle est la plus classique des courses du circuit Mini 6,50, organisée depuis 2002 par le Winches Club de Douarnenez.

Elle est initiatique car elle se court en double et beaucoup de jeunes skippers y ont débuté comme équipiers. Six cents milles nautiques entre la pointe Bretagne et l’Irlande, ça forge les convictions ! Certains s’y sont dégoûtés d’être rincés, malmenés, maltraités; d’autres, plus nombreux, y ont été définitivement contaminés par le virus et ont dès lors vécu avec la lancinante envie d’y revenir l’année suivante.

Elle est légendaire car le parcours est somptueux : la Baie de Douarnenez, la Mer d’Iroise, le Chenal du Four, la traversée de la Manche vers le Cap Lizard et Wolf Rock, puis la Mer Celtique vers l’Irlande et le mythique phare du Fastnet, puis le retour vers Douarnenez et la ligne d’arrivée. Un sacré bon sang de tracé ! Un parcours d’enfer, inoubliable, 4 à 5 jours de mer, de la côtière, du large, et probablement toutes les allures identifiées dans la navigation à voile.

Avec plus de 100 marins à chaque édition, le Mini Fastnet est la plus courue des courses du circuit Mini. Cette année, ce seront 58 bateaux, 116 marins , 16 nationalités représentées (France, Belgique, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Croatie, Suisse, Tahiti, Australie, Italie, Slovénie, Tchéquie, Espagne, Irlande, Allemagne, Hongrie et Brésil).

Un prologue aura lieu ce samedi (18/06), départ à 14h00. Le départ du Mini Fastnet sera donné dimanche sur le coup de 19h00.

Protos : le panache blanc du Griffon.

Ian Lipinski qui a gagné toutes les courses du circuit Atlantique cette saison (Bretagne Sud Mini, Sélect 6,50, Mini en Mai, Trophée MAP) sera secondé par Sébastien Picault pour cette balade irlandaise. La victoire ne devrait pas échapper à ce duo de choc sur cette coque au gros nez (n°865 – “Griffon.fr”). Le tout nouveau bateau de Quentin Vlamynck (n°900) ne sera malheureusement pas présent pour lui donner la réplique. Suite à ce désistement de dernière minute, il faudra attendre la saison prochaine pour assister à une confrontation qui pourrait remettre en cause l’hégémonie du plan David Raison.

Toutefois, il ne faut pas prendre de trop haut l’opposition présente sur ce Mini Fastnet. Quelques couples remarquables, sur des bateaux trés rapides, seront à l’affut de la moindre erreur ou défaillance du “865”.

Le n°753 (“Wild Side”) : Emmanuel Renaud, deuxième de la Mini en Mai, a démontré qu’il commence à bien maîtriser sa machine. A ses côtés, Nicolas d’Estais lui apportera son expérience et son talent pour augmenter encore ses performances.

Le n°719 (“NickJoyceOceanRacing” retrouvera son patron Nicolas Boidevezi pour donner le mode d’emploi du vaillant petit bolide à son nouveau propriétaire, le britannique Nick Joyce. Un bel équipage à surveiller.

Le n°618 (“On the road again”) : Maxime Sallé qui vient de terminer à la deuxième place du Trophée MAP voudra tenir son rang avec l’aide de Ludovic Mechin, 3ème de la Mini Transat avec le sistership du Finot-Conq.

Il faudra aussi compter sur le N°802 (“Femmes de Bretagne”) dont le nouveau skipper, Charlotte Mery, appréciera les conseils et le savoir faire de son équipier pour l’occasion, Etienne Bertrand, qui n’est autre que l’architecte du bateau.

Un podium trop étroit.

En Série, l’inventaire des candidats au podium est long comme un jour sans pain. Ils sont plus d’une douzaine à faire valoir des arguments plus que recevables. Sur un podium, il n’y a que 3 places, elles vont être chères, très chères, car il n’y a que des combattants en lice. Impossible d’établir un pronostic quelconque, il y a trop de qualités sur le plateau pour faire pencher favorablement la balance de l’un ou de l’autre côté.

Il ne reste plus qu’à dresser une liste de ceux qui semblent les meilleurs. (A noter qu’ils sont tous sur un Pogo3, indiscutable lauréat de cette saison 2016) :

869 – “Le fauffiffon Hénaff”- Charly Fernbach et Davy Beaudart.

882 – “Volvo”- Albert Lagneaux et Jonas Gerckens.

886 – “Stinkfoot” – Sander Van Doorn et Dimitri Simons.

887 – “Blue Orange Games – Sea Owl” – Pierre Chedeville et Paul Cloarec.

895 – “Emile Henry” – Erwan Le Draoulec et Erwann Le Mené.

902 – “TBS” – Clarisse Cremer et Clément Bouyssou.

903 – “Shaman” – Valentin Gautier et Patrick Girod.

905 – “Mini Oiri” – Guillaume Combescure et Benoit Hantzperg.

906 – “Dragobert” – Yannick Le Clech et Fabrice Guillerm.

908 – “Pogo Dancer” – Pavel Roubal et Milan Kolacek.

909 – “Pogo Partners” – Tanguy Bouroullec et Erwan Tymen.

910 – “Offshoresailing.fr” – Tom Dolan et François Jambou.

912 – “Like Crazy” – Anna Corbella et Aitor Ocerin.

913 – “Technique Voiles” – Germain Kerleveo et Frédéric Duthil.

…et quelques autres !

Photo : Simon Jourdan

Mini-Fasnet : J-4 : Une épreuve trentenaire.

 

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Photographie Simon Jourdan.

CLASSE MINI 6,50.

Le Mini Fastnet pourrait se résumer à un aller-retour entre la cité Penn Sardin et le rocher du Fastnet, au Sud de l’Irlande.                             Mais le Mini Fastnet s’avère beaucoup plus que ça !                                      Sa destination, le phare surnommé la larme de l’Irlande (c’était la dernière vision de leur pays pour les migrants vers l’Amérique) est un mythe à lui tout seul. Son éclat blanc qui déchire la nuit toutes les 5 secondes a guidé de nombreux marins dans ces parages sauvages et dangereux.                                                                                                                          Pour les skippers de la classe Mini 6,50,il représente un véritable monument :                                                                                                                              Le Mini Fastnet est long : avec ses 600 milles en route directe, c’est le plus long parcours du circuit Mini (à l’exception de la Mini Transat et de la couse des Açores).                                                                                             Le Mini Fastnet est varié : son tracé offre successivement des décors maritimes très spécifiques : une navigation au cordeau entre les cailloux du chenal du Four; puis la traversée de la Manche et le slalom à la sortie du DST entre les cargos; puis le passage de Land’s end point extrême NE de la Grande-Bretagne; puis la traversée en diagonale de la Mer d’Irlande et enfin le retour depuis le Phare du Fastnet jusqu’à Douarnenez.                                                                                                           Le Mini Fastnet se court en double : toutes sortes de couples : des couples aguerris qui s’unissent pour viser les places d’honneur, des couples unisexes, des couples mixtes, des anciens expérimentés avec des petits nouveaux, des couples plus improbables…. C’est l’occasion d’échanger, d’apprendre, de reculer les limites ou de franchir le pas.                                                                                                                      Ce n’est pas pour rien si cette épreuve est au programme de la classe Mini 6,50 depuis 30 ans ! Nombre des 96 marins qui s’élanceront dimanche après-midi n’étaient pas nés lors de la première édition en 1985.

48 Minis, 96 marins.

Ils seront 48 bateaux sur la ligne de départ de ce 30ème Mini Fastnet ce dimanche 14 juin. 28 en Proto et 20 en Série.                             En Proto : L’incontestable favori est Davy Beaudart, associé à David Raison, architecte du bateau et vainqueur de la Transat 2011 avec le premier Gros Nez. Le bateau (865 – Flexirub cherche co-sponsor) est fin prêt, il vient de remporter de haute lutte le récent Trophée Marie-Agnès Péron et la configuration du parcours lui convient parfaitement. Il est probablement un peu tôt pour que les 2 nouveaux venus de la catégorie (888 et 894) contestent cette supériorité. Par contre plusieurs jeunes aux dents longues partent le couteau entre les dents. Ils sont bien décidés à profiter de la moindre défaillance du magicien d’Hennebont pour se glisser devant lui. Sûr qu’il sera attaqué de partout par les 667 (Ludovic Mechin  et Alan Roura), 716 (Axel Trehin et Maël Troel), 630 (Nicolas D’Estais et Quentin Vlamynck), 788 (Michele Zambelli et Charlie Pinot), 800 (Frédéric Denis et Hugo Kerhascoet) et 802 (Clément Bouyssou et Grégoire Mouly). De belles passes d’armes en perspectives.                   En Série : En l’absence de Tanguy Le Turquais, une belle bagarre s’annonce entre les trois Naciras de Damien Cloarec accompagné de son frangin Paul Cloarec (802 – Ici votre nom?), de Patrick Girod secondé par l’expérimenté Amaury François (824 – Nescens) et du belge Jonas Gerckens associé à l’italien Allessandro Torresani (821 – Netwerk). Autres candidats au podium le Pogo2 de François Jambou et Thomas Dolan ( 552 – Concevoir et construire) et les plans Rolland D2 de Pierre Loulier et Mathieu Claveau (746 – Colibri Les chevaux du beal) et des néerlandais Dimitri Simons et Ewout Lubberink (758 – Teamsolo Nl).                                                                                    Il conviendra également d’observer les performances des protos bientôt Série. Les Ofcet6,50 N° 866, 867,879 et 880 ; les Pogo3 N° 868, 869, 871 et 882. Une course dans la course, entre-eux et face aux Séries.