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DST : Iles virtuelles

Un dispositif de séparation du trafic (dont le sigle est DST, en anglais traffic separation scheme, TSS) est établi afin de réduire les risques d’abordage dans une région où le trafic maritime est dense dans les deux sens, et dans les zones où se croisent des flux importants de navires (détroits, caps, etc.). En effet les navires tentant d’effectuer leur périple le plus rapidement possible, essayent de réduire la distance à parcourir et coupent donc au plus court. De nombreux abordages ont eu lieu dans des zones de changement de route à forte densité de trafic.

Un dispositif de séparation de trafic comprend généralement deux voies de circulation séparées par une zone de séparation de trafic. Le DST peut être matérialisé par le balisage (bouées ou phares), mais aujourd’hui tenant compte des possibilités de positionnement par satellites, les DST qui visent à éloigner le trafic des côtes sont « virtuels », et définis par les seules positions des sommets des zones de réglementation, et par les règles de navigation dans ces zones. Dans la langue courante on utilise souvent l’expression « rails » soit pour le dispositif lui-même soit pour chacune de ses voies.

La navigation y est fréquemment surveillée par un service radar depuis la terre.

Sur le Mini Fastnet, il y a 5 DST interdits aux coureurs. Cinq îles virtuelles dans lesquelles il ne faut pas pénétrer le moindre bout de quille sous peine de disqualification.  Dans l’ordre du parcours :            – Le rail d’Ouessant, situé dans le NE des îles du même nom.                    – Les trois DST autour des îles Scilly, plus particulièrement celui               situé entre les îles et Lands End.                                                                                – Enfin, celui situé immédiatement au Sud du phare du Fastnet.

Ces DST ne sont pas visibles sur la cartographie du suivi de la course. Pour suivre la compétition dans ces zones particulières, il y a lieu de tenir compte de ces impératifs invisibles.

La belle doyenne.

La plus courue…

C’est la 31ème édition du Mini-Fastnet ! Elle est la plus classique des courses du circuit Mini 6,50, organisée depuis 2002 par le Winches Club de Douarnenez.

Elle est initiatique car elle se court en double et beaucoup de jeunes skippers y ont débuté comme équipiers. Six cents milles nautiques entre la pointe Bretagne et l’Irlande, ça forge les convictions ! Certains s’y sont dégoûtés d’être rincés, malmenés, maltraités; d’autres, plus nombreux, y ont été définitivement contaminés par le virus et ont dès lors vécu avec la lancinante envie d’y revenir l’année suivante.

Elle est légendaire car le parcours est somptueux : la Baie de Douarnenez, la Mer d’Iroise, le Chenal du Four, la traversée de la Manche vers le Cap Lizard et Wolf Rock, puis la Mer Celtique vers l’Irlande et le mythique phare du Fastnet, puis le retour vers Douarnenez et la ligne d’arrivée. Un sacré bon sang de tracé ! Un parcours d’enfer, inoubliable, 4 à 5 jours de mer, de la côtière, du large, et probablement toutes les allures identifiées dans la navigation à voile.

Avec plus de 100 marins à chaque édition, le Mini Fastnet est la plus courue des courses du circuit Mini. Cette année, ce seront 58 bateaux, 116 marins , 16 nationalités représentées (France, Belgique, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Croatie, Suisse, Tahiti, Australie, Italie, Slovénie, Tchéquie, Espagne, Irlande, Allemagne, Hongrie et Brésil).

Un prologue aura lieu ce samedi (18/06), départ à 14h00. Le départ du Mini Fastnet sera donné dimanche sur le coup de 19h00.

Protos : le panache blanc du Griffon.

Ian Lipinski qui a gagné toutes les courses du circuit Atlantique cette saison (Bretagne Sud Mini, Sélect 6,50, Mini en Mai, Trophée MAP) sera secondé par Sébastien Picault pour cette balade irlandaise. La victoire ne devrait pas échapper à ce duo de choc sur cette coque au gros nez (n°865 – “Griffon.fr”). Le tout nouveau bateau de Quentin Vlamynck (n°900) ne sera malheureusement pas présent pour lui donner la réplique. Suite à ce désistement de dernière minute, il faudra attendre la saison prochaine pour assister à une confrontation qui pourrait remettre en cause l’hégémonie du plan David Raison.

Toutefois, il ne faut pas prendre de trop haut l’opposition présente sur ce Mini Fastnet. Quelques couples remarquables, sur des bateaux trés rapides, seront à l’affut de la moindre erreur ou défaillance du “865”.

Le n°753 (“Wild Side”) : Emmanuel Renaud, deuxième de la Mini en Mai, a démontré qu’il commence à bien maîtriser sa machine. A ses côtés, Nicolas d’Estais lui apportera son expérience et son talent pour augmenter encore ses performances.

Le n°719 (“NickJoyceOceanRacing” retrouvera son patron Nicolas Boidevezi pour donner le mode d’emploi du vaillant petit bolide à son nouveau propriétaire, le britannique Nick Joyce. Un bel équipage à surveiller.

Le n°618 (“On the road again”) : Maxime Sallé qui vient de terminer à la deuxième place du Trophée MAP voudra tenir son rang avec l’aide de Ludovic Mechin, 3ème de la Mini Transat avec le sistership du Finot-Conq.

Il faudra aussi compter sur le N°802 (“Femmes de Bretagne”) dont le nouveau skipper, Charlotte Mery, appréciera les conseils et le savoir faire de son équipier pour l’occasion, Etienne Bertrand, qui n’est autre que l’architecte du bateau.

Un podium trop étroit.

En Série, l’inventaire des candidats au podium est long comme un jour sans pain. Ils sont plus d’une douzaine à faire valoir des arguments plus que recevables. Sur un podium, il n’y a que 3 places, elles vont être chères, très chères, car il n’y a que des combattants en lice. Impossible d’établir un pronostic quelconque, il y a trop de qualités sur le plateau pour faire pencher favorablement la balance de l’un ou de l’autre côté.

Il ne reste plus qu’à dresser une liste de ceux qui semblent les meilleurs. (A noter qu’ils sont tous sur un Pogo3, indiscutable lauréat de cette saison 2016) :

869 – “Le fauffiffon Hénaff”- Charly Fernbach et Davy Beaudart.

882 – “Volvo”- Albert Lagneaux et Jonas Gerckens.

886 – “Stinkfoot” – Sander Van Doorn et Dimitri Simons.

887 – “Blue Orange Games – Sea Owl” – Pierre Chedeville et Paul Cloarec.

895 – “Emile Henry” – Erwan Le Draoulec et Erwann Le Mené.

902 – “TBS” – Clarisse Cremer et Clément Bouyssou.

903 – “Shaman” – Valentin Gautier et Patrick Girod.

905 – “Mini Oiri” – Guillaume Combescure et Benoit Hantzperg.

906 – “Dragobert” – Yannick Le Clech et Fabrice Guillerm.

908 – “Pogo Dancer” – Pavel Roubal et Milan Kolacek.

909 – “Pogo Partners” – Tanguy Bouroullec et Erwan Tymen.

910 – “Offshoresailing.fr” – Tom Dolan et François Jambou.

912 – “Like Crazy” – Anna Corbella et Aitor Ocerin.

913 – “Technique Voiles” – Germain Kerleveo et Frédéric Duthil.

…et quelques autres !

Photo : Simon Jourdan

Mini-Fasnet : J-4 : Une épreuve trentenaire.

 

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Photographie Simon Jourdan.

CLASSE MINI 6,50.

Le Mini Fastnet pourrait se résumer à un aller-retour entre la cité Penn Sardin et le rocher du Fastnet, au Sud de l’Irlande.                             Mais le Mini Fastnet s’avère beaucoup plus que ça !                                      Sa destination, le phare surnommé la larme de l’Irlande (c’était la dernière vision de leur pays pour les migrants vers l’Amérique) est un mythe à lui tout seul. Son éclat blanc qui déchire la nuit toutes les 5 secondes a guidé de nombreux marins dans ces parages sauvages et dangereux.                                                                                                                          Pour les skippers de la classe Mini 6,50,il représente un véritable monument :                                                                                                                              Le Mini Fastnet est long : avec ses 600 milles en route directe, c’est le plus long parcours du circuit Mini (à l’exception de la Mini Transat et de la couse des Açores).                                                                                             Le Mini Fastnet est varié : son tracé offre successivement des décors maritimes très spécifiques : une navigation au cordeau entre les cailloux du chenal du Four; puis la traversée de la Manche et le slalom à la sortie du DST entre les cargos; puis le passage de Land’s end point extrême NE de la Grande-Bretagne; puis la traversée en diagonale de la Mer d’Irlande et enfin le retour depuis le Phare du Fastnet jusqu’à Douarnenez.                                                                                                           Le Mini Fastnet se court en double : toutes sortes de couples : des couples aguerris qui s’unissent pour viser les places d’honneur, des couples unisexes, des couples mixtes, des anciens expérimentés avec des petits nouveaux, des couples plus improbables…. C’est l’occasion d’échanger, d’apprendre, de reculer les limites ou de franchir le pas.                                                                                                                      Ce n’est pas pour rien si cette épreuve est au programme de la classe Mini 6,50 depuis 30 ans ! Nombre des 96 marins qui s’élanceront dimanche après-midi n’étaient pas nés lors de la première édition en 1985.

48 Minis, 96 marins.

Ils seront 48 bateaux sur la ligne de départ de ce 30ème Mini Fastnet ce dimanche 14 juin. 28 en Proto et 20 en Série.                             En Proto : L’incontestable favori est Davy Beaudart, associé à David Raison, architecte du bateau et vainqueur de la Transat 2011 avec le premier Gros Nez. Le bateau (865 – Flexirub cherche co-sponsor) est fin prêt, il vient de remporter de haute lutte le récent Trophée Marie-Agnès Péron et la configuration du parcours lui convient parfaitement. Il est probablement un peu tôt pour que les 2 nouveaux venus de la catégorie (888 et 894) contestent cette supériorité. Par contre plusieurs jeunes aux dents longues partent le couteau entre les dents. Ils sont bien décidés à profiter de la moindre défaillance du magicien d’Hennebont pour se glisser devant lui. Sûr qu’il sera attaqué de partout par les 667 (Ludovic Mechin  et Alan Roura), 716 (Axel Trehin et Maël Troel), 630 (Nicolas D’Estais et Quentin Vlamynck), 788 (Michele Zambelli et Charlie Pinot), 800 (Frédéric Denis et Hugo Kerhascoet) et 802 (Clément Bouyssou et Grégoire Mouly). De belles passes d’armes en perspectives.                   En Série : En l’absence de Tanguy Le Turquais, une belle bagarre s’annonce entre les trois Naciras de Damien Cloarec accompagné de son frangin Paul Cloarec (802 – Ici votre nom?), de Patrick Girod secondé par l’expérimenté Amaury François (824 – Nescens) et du belge Jonas Gerckens associé à l’italien Allessandro Torresani (821 – Netwerk). Autres candidats au podium le Pogo2 de François Jambou et Thomas Dolan ( 552 – Concevoir et construire) et les plans Rolland D2 de Pierre Loulier et Mathieu Claveau (746 – Colibri Les chevaux du beal) et des néerlandais Dimitri Simons et Ewout Lubberink (758 – Teamsolo Nl).                                                                                    Il conviendra également d’observer les performances des protos bientôt Série. Les Ofcet6,50 N° 866, 867,879 et 880 ; les Pogo3 N° 868, 869, 871 et 882. Une course dans la course, entre-eux et face aux Séries.